Une stabilité apparente, une pression bien réelle
Comprendre la santé mentale des Canadiens
Nos nouveaux constats montrent pourquoi le portrait de la santé mentale au Canada ne peut pas se résumer aux taux d’anxiété et de dépression.
Même si plusieurs indicateurs nationaux de santé mentale semblent stables, nos plus récents constats suggèrent que la capacité des Canadiens à composer avec le stress demeure sous pression. Les indicateurs liés à l’anxiété et à la résilience témoignent d’une pression accrue, et plus de la moitié des personnes ayant eu recours à du soutien en santé mentale disent avoir interrompu leurs soins plus tôt que prévu ou nécessaire.
Notre plus récent rapport de la série Comprendre la santé mentale des Canadiens va au-delà des taux nationaux d’anxiété et de dépression. Il montre comment les gens au Canada composent avec le stress, ont recours au soutien, adoptent certaines habitudes d’écran et maintiennent leurs liens avec leur communauté.
Principaux constats
Des indicateurs globaux stables, mais une pression persistante : Les niveaux élevés d’anxiété et de dépression autodéclarés demeurent stables à l’échelle nationale, à 11 pour cent et 9 pour cent respectivement. Mais d’autres indicateurs témoignent d’une pression persistante. Nos constats suggèrent qu’une stabilité en surface ne signifie pas nécessairement que les Canadiens arrivent à bien composer avec les difficultés.
Dix-huit pour cent des Canadiens rapportent des symptômes d’anxiété modérée ou sévère, contre 15 pour cent lors de la vague précédente.
La capacité des Canadiens à gérer les difficultés et à rebondir a également diminué : 62 pour cent la qualifient d’excellente ou de bonne, comparativement à 66 pour cent auparavant.
De nombreuses personnes qui ont recours au soutien interrompent leurs soins plus tôt que prévu : Plus de la moitié des Canadiens ayant eu recours à du soutien en santé mentale disent avoir interrompu leurs soins plus tôt que prévu ou nécessaire. Ce constat met en lumière un défi concret pour le soutien en santé mentale, qui doit être clair, adapté et suffisamment utile pour que les personnes puissent le poursuivre.
L’absence de progrès concrets (19 pour cent), le sentiment de ne pas avoir été compris pendant les soins (16 pour cent) et des objectifs peu clairs (13 pour cent) sont les raisons les plus souvent mentionnées.
L’interruption précoce des soins est plus fréquente chez les personnes qui rapportent des difficultés de santé mentale sévères, notamment celles qui rapportent des symptômes sévères d’anxiété (68 pour cent) ou de dépression (77 pour cent).
Les habitudes d’écran peuvent signaler une tension en santé mentale : L’utilisation des écrans n’explique pas tout, mais elle peut être un indicateur de la manière dont les gens composent avec le stress, surtout lorsque ces activités sont passives, fréquentes ou utilisées plus longtemps que prévu.
Quarante-six pour cent des utilisateurs passifs des médias sociaux, 40 pour cent des personnes qui visionnent du contenu de divertissement et 35 pour cent des joueurs de jeux vidéo disent y consacrer plus de temps que prévu.
Soixante-quatre pour cent des jeunes femmes de 16 à 24 ans disent faire défiler du contenu ou regarder des vidéos pour composer avec le stress ou leurs émotions. 42 pour cent des jeunes hommes disent utiliser les jeux vidéo pour la même raison.
Les Canadiens qui consacrent quatre heures ou plus par jour aux médias sociaux, au contenu de divertissement ou aux jeux vidéo sont environ deux fois plus susceptibles de rapporter des symptômes sévères d’anxiété ou de dépression.
L’appartenance et les liens sociaux comptent : Le sentiment d’appartenance à sa communauté est étroitement lié à la manière dont les gens composent avec le stress et gèrent les difficultés.
La moitié des Canadiens, soit 48 pour cent, ont participé à des activités de groupe au cours de la dernière année, le plus souvent dans le cadre d’activités sportives ou culturelles, ou d’un engagement professionnel, politique ou religieux.
Quarante-huit pour cent des personnes décrivent leur sentiment d’appartenance à leur communauté locale comme fort.
Les personnes qui ont un fort sentiment d’appartenance présentent de meilleurs indicateurs de santé mentale. Elles sont moins susceptibles de rapporter des symptômes sévères de dépression, 2 pour cent contre 7 pour cent, et moins susceptibles de se sentir épuisées, 18 pour cent contre 36 pour cent, que les personnes ayant un faible sentiment d’appartenance.
La pression en santé mentale se manifeste aussi dans la vie quotidienne : Nos constats font ressortir des pressions liées au travail, aux finances et au fonctionnement au quotidien.
Les absences du travail liées à la santé mentale ne sont pas devenues plus fréquentes, mais les employés qui s’absentent manquent plus de jours de travail. Un employé sur quatre rapporte aussi que sa santé mentale nuit à son fonctionnement au travail.
La pression financière demeure un facteur important. Quarante-cinq pour cent des Canadiens disent que le coût de la vie a un effet négatif sur leur santé mentale, tandis que 36 pour cent mentionnent les inquiétudes liées à leur capacité de payer leurs factures.
L’épuisement demeure également répandu : 26 pour cent des Canadiens disent se sentir épuisés la plupart du temps.
Pourquoi c’est important
Le portrait de la santé mentale au Canada est plus complexe que ce que peuvent montrer les seuls taux d’anxiété et de dépression.
Nos plus récents constats font ressortir la pression vécue dans la manière dont les gens composent avec le stress, dans quelle mesure le soutien répond à leurs besoins, comment les habitudes d’écran peuvent refléter certaines tensions et comment les liens avec la communauté peuvent influencer la santé mentale. Ensemble, ces indicateurs offrent un portrait plus complet des difficultés que peuvent vivre les Canadiens et des aspects auxquels les systèmes de soutien et les communautés pourraient devoir répondre.
À PROPOS DU SONDAGE
Notre étude a été réalisée par Pollara Strategic Insights auprès d’un échantillon en ligne de 4 044 adultes canadiens entre le 29 avril et le 13 mai 2026. Les résultats nationaux ont été pondérés selon le genre, l’âge et la région à partir des données de recensement les plus récentes, afin que l’échantillon soit représentatif de l’ensemble de la population adulte canadienne. La marge d’erreur pour les résultats nationaux est de ±1,5 pour cent.
Une série de notes de recherche proposant une analyse approfondie et ciblée de nos résultats de sondage est disponible ici. Les résultats des sondages précédents sont comparés lorsque cela s’applique.
Les constats issus de nos sondages peuvent être consultés dans notre Centre de données interactif.