De l’expérience aux données probantes
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Comment l’expérience vécue peut contribuer à de meilleures politiques en matière d’usage de substances
L’usage d’alcool et de cannabis est influencé par bien plus que les choix individuels. Les premières expériences, les normes sociales, le stress, la santé mentale, la santé physique et la perception du risque peuvent tous jouer un rôle dans l’évolution des habitudes de consommation. Dans cette étude, nous allons au-delà des données de prévalence en nous appuyant sur 30 entrevues qualitatives approfondies auprès d’adultes au Canada qui ont connu des difficultés liées à leur consommation d’alcool ou de cannabis. Nous examinons comment leur consommation a commencé et évolué, ce qui la motive, ses effets perçus sur leur vie et ce qui influence leur recours à l’information ou au soutien.
Les constats font ressortir des différences importantes entre l’alcool et le cannabis, notamment dans la façon dont les personnes perçoivent les risques, vivent la stigmatisation et trouvent de l’information ou du soutien.
Principaux constats
Un début précoce et social. Pour la plupart des personnes interrogées, la consommation d’alcool ou de cannabis a commencé à l’adolescence, souvent avec des amis ou des membres de la famille, et était perçue comme une façon « normale » de s’amuser ou de socialiser.
De la consommation sociale à un usage plus solitaire. Au fil du temps, certaines personnes ont commencé à consommer seules pour composer avec le stress, l’anxiété, les problèmes de sommeil ou des problèmes de santé comme la douleur chronique.
Le risque, c’est pour les autres. De nombreuses personnes reconnaissaient les risques de l’usage de substances chez les autres, sans croire que ces mêmes risques s’appliquaient à elles.
Le poids du jugement. Plusieurs personnes ont dit se sentir encore jugées en raison de leur consommation de cannabis, même si cette stigmatisation s’est atténuée depuis la légalisation. La crainte du jugement influence les personnes à qui elles en parlent et la mesure dans laquelle elles se sentent à l’aise d’en parler ouvertement.
Pourquoi c’est important
Les données quantitatives nous montrent l’ampleur de la consommation d’alcool et de cannabis. L’expérience vécue nous aide à comprendre pourquoi certaines habitudes s’installent, évoluent et deviennent parfois plus difficiles à gérer.
Les personnes interrogées ont décrit comment une consommation d’abord sociale pouvait devenir une façon de composer avec le stress, les problèmes de sommeil, l’anxiété ou d’autres difficultés. La stigmatisation et la perception du risque pouvaient aussi influencer la reconnaissance d’un problème et la décision de demander de l’aide.
Ces constats montrent l’importance d’agir plus tôt en prévention, de fournir une information plus claire, de rendre le soutien plus accessible et d’élaborer les politiques avec des personnes ayant une expérience vécue.
À propos du rapport
Cette étude repose sur 30 entrevues qualitatives approfondies menées auprès d’adultes au Canada entre septembre et novembre 2025. Nous avons recruté les personnes participantes à partir d’un sondage national antérieur, selon leurs scores à deux outils de dépistage reconnus, les questionnaires AUDIT (15 ou plus) et CUDIT (12 ou plus).
Pollara Strategic Insights a mené cette recherche qualitative pour notre compte. Des spécialistes formés en recherche qualitative ont réalisé des entrevues d’environ 45 à 60 minutes. Les transcriptions ont ensuite fait l’objet d’une analyse thématique afin de dégager les principaux thèmes liés au début de la consommation, aux motivations, à son évolution au fil du temps et à ses effets perçus sur la vie quotidienne et la santé mentale.
Nous avons protégé l’anonymat des personnes participantes tout au long de l’étude. Les citations sont présentées sans renseignements permettant d’identifier les personnes, et les données démographiques qui les accompagnent se limitent à la province et au groupe d’âge.