Prendre soin des autres : les répercussions sur la santé mentale

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Pourquoi les personnes qui fournissent des soins ou du soutien au Canada peuvent avoir besoin d’un soutien accru en santé mentale et en matière d’usage de substances

Les personnes qui fournissent des soins ou du soutien jouent un rôle essentiel auprès de personnes vivant avec une maladie, une incapacité, un problème de santé mentale ou des difficultés liées au vieillissement. Ce soutien peut prendre de nombreuses formes, notamment les soins personnels, le transport, le soutien émotionnel et l’accompagnement à des rendez-vous médicaux. Mais les personnes qui prennent soin des autres peuvent elles-mêmes subir des pressions importantes.

Notre recherche examine le lien entre le fait de fournir des soins ou du soutien, qu’il s’agisse d’un rôle rémunéré ou de proche aidance, et la santé mentale ainsi que l’usage de substances chez les personnes de 16 ans et plus au Canada. Les résultats montrent un écart constant entre les personnes qui fournissent ce soutien et celles qui ne le font pas : les personnes qui offrent des soins dans le cadre de leur emploi et les personnes proches aidantes étaient plus susceptibles de présenter des symptômes modérés ou graves d’anxiété et de dépression, ainsi qu’une consommation d’alcool ou de cannabis à risque ou nocive.

Principales constatations

  • Anxiété : Après ajustement en fonction de facteurs sociodémographiques et d’autres facteurs, les personnes qui fournissaient des soins dans le cadre de leur emploi et les personnes proches aidantes étaient environ deux fois plus susceptibles que les personnes qui ne fournissaient pas de soins ou de soutien de présenter des symptômes modérés ou graves d’anxiété.

  • Dépression : Les deux groupes étaient également plus à risque de présenter des symptômes modérés ou graves de dépression. L’analyse ajustée n’a pas permis d’établir de différence nette entre les personnes qui fournissaient des soins dans le cadre de leur emploi et les personnes proches aidantes.

  • Consommation d’alcool : Les personnes qui fournissaient des soins dans le cadre de leur emploi étaient plus de trois fois plus susceptibles que les personnes qui ne fournissaient pas de soins ou de soutien de faire état d’une consommation d’alcool à risque ou nocive. Chez les personnes proches aidantes, cette probabilité était environ 1,7 fois plus élevée.

  • Consommation de cannabis : Les personnes qui fournissaient des soins dans le cadre de leur emploi étaient environ 2,7 fois plus susceptibles que les personnes qui ne fournissaient pas de soins ou de soutien de faire état d’une consommation de cannabis à risque ou nocive. Chez les personnes proches aidantes, cette probabilité était environ 1,7 fois plus élevée.

Le rapport fait état d’estimations plus élevées pour l’usage de substances chez les personnes qui fournissaient des soins dans le cadre de leur emploi, mais les différences entre les deux groupes doivent être interprétées avec prudence. Les intervalles de confiance se chevauchent, particulièrement pour le cannabis, et l’âge pourrait expliquer une partie des écarts observés, puisque ces personnes étaient en moyenne plus jeunes.

Pourquoi c’est important

Les soins et le soutien apportés aux autres sont essentiels aux familles, aux communautés et au système de santé, mais la santé des personnes qui les offrent peut être négligée. Ces résultats montrent que le fait de fournir des soins ou du soutien est associé à des écarts importants en matière de santé mentale et d’usage de substances. Le bien-être de ces personnes doit donc faire partie intégrante de la réflexion sur les inégalités en santé mentale.

Les résultats rappellent aussi qu’il ne faut pas considérer toutes les personnes qui fournissent des soins ou du soutien comme un groupe homogène. Les personnes qui le font dans le cadre de leur emploi et les personnes proches aidantes évoluent dans des contextes différents et peuvent subir des pressions distinctes. Mieux comprendre où les risques sont les plus élevés peut aider à concevoir des mesures de soutien plus ciblées pour les personnes qui prennent soin des autres.

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À propos du sondage

Ce rapport analyse les données de 4 666 répondants de 16 ans et plus recueillies du 21 juillet au 5 août 2025 dans le cadre de l’Initiative nationale de sondage de la RSMC. Les participants ont été classés selon qu’ils fournissaient des soins ou du soutien dans le cadre de leur emploi, qu’ils agissaient comme personnes proches aidantes auprès d’un membre de leur famille ou de leur entourage, ou qu’ils n’offraient pas ce type de soutien. Les activités de garde habituelles des enfants n’étaient pas incluses.. Nous avons dirigé l’élaboration et l’analyse du sondage, tandis que Pollara Strategic Insights a réalisé la collecte des données.

L’analyse repose sur des mesures validées de l’anxiété, de la dépression, de la consommation d’alcool et de la consommation de cannabis, ainsi que sur des modèles de régression pondérés qui tiennent compte d’autres facteurs. Comme il s’agit d’une étude transversale fondée sur des données autodéclarées, les résultats permettent d’établir des associations, mais pas de conclure que le fait de fournir des soins ou du soutien cause directement une moins bonne santé mentale ou une consommation accrue de substances.

 
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