Pressions économiques, liens sociaux et soins

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De nouveaux constats montrent comment les gens composent avec le stress et maintiennent leurs liens, comment les pressions économiques pèsent sur la santé mentale et ce qui se passe lorsqu’ils accèdent aux soins

Près de la moitié des personnes au Canada disent que le coût de la vie nuit à leur santé mentale, tandis que plus de la moitié de celles ayant eu recours à du soutien en santé mentale ou lié à la consommation de substances au cours des cinq dernières années disent avoir interrompu leurs soins plus tôt que prévu ou nécessaire. Pris dans leur ensemble, les résultats montrent comment les pressions du quotidien et les expériences de soins s’entrecroisent, les difficultés étant plus importantes chez les personnes présentant des symptômes plus sévères ou des signes de dépendance. Ils nous renseignent également sur les façons dont les gens composent avec les difficultés, maintiennent leurs liens et réagissent aux récits personnels en matière de santé mentale.

Ces résultats proviennent de la 29e édition de Comprendre la santé mentale des Canadiens, notre initiative nationale continue de sondage auprès de la population. Depuis avril 2020, l’initiative suit l’évolution de la santé mentale au Canada, ce qui permet à chaque édition d’examiner les préoccupations actuelles tout en montrant comment les besoins et les expériences évoluent au fil du temps.

Principaux constats

  • Les gens misent surtout sur des stratégies du quotidien pour composer avec le stress : 43 % des personnes au Canada disent se tenir occupées ou continuer malgré tout lorsqu’elles composent avec le stress, tandis que 42 % prennent du temps seules ou prennent leurs distances. Seulement 11 % indiquent que consulter un conseiller, un thérapeute ou un autre professionnel de la santé mentale fait partie de leurs stratégies d’adaptation.

  • Des liens sociaux solides sont associés à un plus grand bonheur, mais les difficultés de santé mentale peuvent compliquer les liens : 68 % des personnes au Canada déclarent avoir des interactions significatives avec leur famille au moins une fois par semaine et 57 % avec leurs amis, comparativement à 28 % avec leurs voisins et 21 % avec des groupes communautaires ou organisés. Les interactions avec les amis et la famille sont aussi celles qui sont le plus susceptibles de rendre les gens heureux.

    Parmi les personnes ayant moins de liens sociaux, 24 % indiquent que les difficultés de santé mentale constituent un obstacle à la création ou au maintien de liens, juste derrière le manque de temps, à 28 %. Ces constats montrent une association entre la santé mentale et les liens sociaux, mais n’établissent pas de lien de causalité.

  • Les pressions économiques pèsent sur la santé mentale : 46 % des personnes au Canada disent que le coût de la vie nuit à leur santé mentale, tandis que 37 % mentionnent la difficulté à payer entièrement les factures du ménage et 35 % la difficulté à avoir les moyens de se loger de façon stable ou à conserver un logement stable. Des sources d’incertitude plus générales ont également un effet : 44 % citent les événements politiques mondiaux et 37 %, les changements climatiques.

  • Accéder aux soins ne suffit pas : Parmi les personnes ayant eu accès à du soutien en santé mentale au cours de la dernière année, 65 % disent que le soutien reçu a répondu à la plupart ou à l’ensemble de leurs besoins, mais seulement 29 % disent que leurs besoins ont été pleinement comblés. Par ailleurs, parmi les personnes ayant eu recours à du soutien en santé mentale ou lié à la consommation de substances au cours des cinq dernières années, 52 % disent avoir interrompu leurs soins plus tôt que prévu ou nécessaire. Les principales raisons invoquées sont l’absence de progrès ou d’amélioration concrets, le fait de ne pas se sentir compris ou respecté et le manque de clarté quant aux objectifs ou aux attentes.

  • Les difficultés sont plus importantes chez les personnes présentant des symptômes plus graves : Seulement 14 % des personnes présentant des symptômes sévères d’anxiété et 17 % de celles présentant des symptômes de dépression modérément sévères à sévères disent que les soins ont pleinement répondu à leurs besoins. L’interruption précoce des soins atteint respectivement 72 % et 74 %.

  • La dépendance à l’alcool ou au cannabis et les difficultés de santé mentale se chevauchent fortement : Les personnes présentant des signes de dépendance à l’alcool ou au cannabis font beaucoup plus souvent état d’un diagnostic de trouble de l’humeur, d’idées suicidaires, de besoins de soutien non comblés et d’une interruption précoce des soins.

    75 % des personnes présentant des signes de dépendance à l’alcool et 78 % de celles présentant des signes de dépendance au cannabis déclarent avoir reçu un diagnostic de trouble de l’humeur, comparativement à 39 % à l’échelle nationale. Parmi les personnes ayant eu recours à du soutien en santé mentale ou lié à la consommation de substances au cours des cinq dernières années, 84 % de celles présentant des signes de dépendance à l’alcool et 79 % de celles présentant des signes de dépendance au cannabis disent avoir interrompu leurs soins plus tôt que prévu ou nécessaire. Ces constats montrent des associations et ne permettent pas d’établir qu’un facteur en cause un autre.

  • Les récits personnels en santé mentale peuvent aider les gens à se sentir moins seuls et les encourager à demander du soutien : Parmi les répondants pour qui les questions étaient applicables, 68 % disent que les récits les aident à mieux comprendre les expériences de santé mentale des autres et à faire preuve d’empathie, 65 % que le partage de leur propre expérience favorise leur rétablissement et 65 % que les récits des autres les aident à se sentir moins seuls. Parmi les personnes qui avaient envisagé de demander du soutien, 51 % disent qu’un récit personnel les a encouragées à faire cette démarche. Environ une personne sur cinq dit que le fait de consulter ou de partager des récits personnels ne lui a pas été utile, ce qui souligne l’importance d’environnements sécuritaires et bienveillants.

Pourquoi est-ce important?

Dans l’ensemble, ces constats renforcent un message central : le soutien en santé mentale ne commence ni ne se termine à la porte du système de santé mentale. Les façons dont les gens composent avec les difficultés, les liens qu’ils entretiennent, les pressions économiques qu’ils vivent et la mesure dans laquelle les soins répondent à leurs besoins font tous partie du portrait.

Mieux comprendre ces points de pression peut contribuer à façonner un soutien plus accessible, mieux adapté aux besoins des gens et plus facile à poursuivre au fil du temps. Cela montre aussi pourquoi les réponses en santé mentale doivent tenir compte à la fois des soins formels et des réalités sociales, économiques et relationnelles qui entourent les gens.

Poursuivre la conversation sur l’interruption précoce des soins

Ces constats alimentent également l’épisode du 1er octobre de The Better Mental Health Briefing (en anglais). La webdiffusion examinera pourquoi certaines personnes interrompent leurs soins plus tôt que prévu ou nécessaire, ce qui les aide à poursuivre leur démarche et comment les soins peuvent s’adapter lorsque le soutien ne fonctionne pas. Inscrivez-vous à la webdiffusion. Si ce n’est pas déjà fait, inscrivez-vous dès aujourd’hui pour vous joindre à nous.

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À propos du sondage

Nous avons dirigé l’élaboration et l’analyse du sondage, tandis que Pollara Strategic Insights a réalisé la collecte des données. La recherche a bénéficié d’une contribution financière de Santé Canada. Les constats sur les liens sociaux ont été élaborés avec GenWell, tandis que les constats sur les récits personnels ont été élaborés avec Unsinkable.

Cette enquête en ligne a été menée auprès d’un échantillon de 4 005 personnes au Canada âgées de 16 ans et plus du 27 juillet au 10 août 2026. Il s’agissait d’une étude à l’aveugle, ce qui signifie que les participants ne connaissaient pas le sujet de l’enquête avant de commencer à y répondre. Les résultats nationaux ont été pondérés en fonction des données de recensement les plus récentes selon le genre, l’âge et la région, afin que l’échantillon soit représentatif de la population.

La marge d’erreur de l’échantillon national est de ±1,5 point de pourcentage, 19 fois sur 20. Il s’agissait de la 29e édition de notre initiative de sondage auprès de la population, menée depuis avril 2020.

Recherches connexes

Une série de dossiers de recherche offrant une analyse approfondie et ciblée de nos résultats de sondage est accessible ici. Les résultats de sondages antérieurs sont comparés lorsqu’il y a lieu.

Les résultats de nos sondages peuvent être consultés dans notre Centre de données intéractif.

 
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