Comprendre les effets de la COVID-19 sur la santé mentale des travailleurs essentiels racisés et leurs stratégies d’adaptation

Les travailleurs essentiels ont joué un rôle central dans le fonctionnement des services pendant la pandémie, souvent au prix d’une exposition importante aux risques sanitaires et économiques. Le projet cherchait à comprendre les difficultés de santé mentale des travailleurs essentiels appartenant aux minorités visibles, y compris des personnes immigrantes et réfugiées, dans des secteurs comme le commerce alimentaire, le transport et d’autres services indispensables.

L’étude s’intéressait également aux stratégies utilisées pour faire face aux infections, au décès de proches, aux pertes de revenus et aux autres pressions vécues pendant la pandémie.

Méthodologie

La recherche combinait une analyse quantitative et des entrevues qualitatives. La première étape portait sur les données recueillies auprès de 5 845 travailleurs essentiels dans les sondages nationaux 6 à 11 de Recherche en santé mentale Canada. L’analyse s’intéressait notamment à l’anxiété, à la dépression, aux pensées suicidaires et aux stratégies d’adaptation, en comparant différents groupes de travailleurs.

Dans un deuxième temps, 14 travailleurs essentiels racisés de Calgary ont participé à des entrevues approfondies. Ils travaillaient dans des secteurs autres que les soins de santé, notamment l’alimentation, le transport et l’entreposage. Les entrevues ont permis de mieux comprendre les défis rencontrés et les moyens utilisés pour y faire face.

Résultats

  • L’anxiété modérée était rapportée par 17,49 % des travailleurs essentiels appartenant à une minorité visible, comparativement à 14,52 % des autres travailleurs essentiels.

  • La dépression modérément grave était plus fréquente chez les travailleurs appartenant à une minorité visible (10,65 %) que chez les autres (8,42 %).

  • Les taux d’anxiété grave et de dépression grave étaient respectivement de 4,71 % et 5,27 % chez les travailleurs appartenant à une minorité visible, contre 5,65 % et 5,25 % chez les autres travailleurs.

  • Au cours de l’année précédente, 34,3 % des travailleurs essentiels appartenant à une minorité visible avaient déclaré des pensées suicidaires ou des tentatives de suicide, comparativement à 28,25 % des autres travailleurs essentiels.

  • Malgré ces difficultés, 77,87 % des travailleurs appartenant à une minorité visible estimaient réussir à faire face à la situation, comparativement à 81,59 % des autres travailleurs. Les liens familiaux, les réseaux culturels et religieux et les ressources personnelles étaient des sources de soutien.

  • Les personnes participantes ont décrit des difficultés qui se cumulaient à l’échelle individuelle, familiale, communautaire et professionnelle, notamment la crainte d’être infectées, la précarité financière, l’isolement et l’accès insuffisant à un soutien en santé mentale adapté aux réalités culturelles.

Retombées

  • Les travaux ont mieux documenté les expériences des travailleurs essentiels racisés et les obstacles à un soutien en santé mentale accessible pendant la pandémie.

  • Les résultats ont été communiqués à l’Alberta International Medical Graduates Association (AIMGA) pour éclairer des activités communautaires de littératie en santé mentale et de soutien social.

  • Des stratégies de soutien, notamment des programmes et des interventions, ont été élaborées puis déployées auprès du HealthHub for Newcomers.

Rayonnement du projet

Les résultats du projet ont été utilisés en Alberta. Les données de sondage ayant servi à l’analyse avaient, pour leur part, une portée nationale.

Ressources créées

Mots-clés

Qui mène la recherche?

Au moment du projet soutenu par la RSMC, Nashit Chowdhury menait des travaux de recherche au Department of Family Medicine de l’Université de Calgary. Ses publications portent notamment sur les besoins de santé des personnes immigrantes et réfugiées, l’accès équitable aux soins et la participation des communautés à la recherche.

Cette expérience de recherche a été mise à contribution pour documenter la santé mentale des travailleurs essentiels issus de groupes racisés pendant la pandémie, en partenariat avec l’Alberta International Medical Graduates Association (AIMGA).

 
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Nikki-Rose Hunter-Porter